Publié par Laurent Bervas sur Europeus.org
On oppose souvent Europe sociale et Europe libérale (terme auquel on accole souvent le préfix « Ultra » et qui est devenu (en France) comme un gros mot). Ne s’agit-il pas d’une opposition factice entretenue par certaines de nos élites nationales par calcul, paresse de pensée ou tout simplement par ignorance ? Les opposer n’est ce regarder le monde avec de vielle lunettes : n’avons-nous pas besoin d’une Europe sociale ET d’une Europe libérale. Le premier mensonge des certains « libéraux » est de faire croire que l’Europe ne serait qu’un marché. L’Europe est bien née d’une vision humaniste sur les ruines de la seconde Guerre mondiale mais si l’Europe a commencé par être « Economique » (Europe de l’acier, puis CEE), ce n’est que par pragmatisme car les multinationales étaient les premières à pouvoir donner corps à cette Europe. Mais le projet Européen est avant tout « social » et le «marché» n’a jamais été un but mais un moyen. Il s’agit d’offrir à nos enfants un monde meilleur d’où la guerre entre les peuples (d’Europe) serait exclue. Le second mensonge de camp « social » serait de faire croire que les multinationales sont les ennemis (de l’Europe). Elle ont au contraire fait un énorme travail pour créer cet esprit Européen : Prada, Guicci, Airbus et tous « logos » unifie en quelque sorte l’espace mentale des citoyens Européen. Que je sois à Paris, à Barcelone ou a Madrid je baigne dans un univers de marques « globales ». On peut dire que les multinationales ont un impacte très positif sur l’esprit Européen et elles sont d’ailleurs aujourd’hui les premières gagnantes de ce marché commun. Mais leur victoire ne saurait faire oublier que l’Europe « sociale » (1) est bien le but de ce projet.
Alors pourquoi l’Europe semble ne pas fonctionner ? « La terrible vérité » comme le dirait Alain Lefèbvre c’est que nous vivons souvent dans une illusion de concurrence (comme on peut parler d’illusion démocratique), l’Europe libérale n’existe que pour “les petits” (2). Des exemples ? Les opérateurs de téléphonie mobile, Bouygues télécoms, SFR et Orange viennent d’être condamnés à une lourde amende pour entente illicite au détriment des consommateurs. Si les banques françaises affiches aujourd’hui des performances boursières indécentes c’est bien au détriment des particuliers et des petites entreprises. Enfin pourquoi Total a racheté son concurrent Elf en France si ce n’est pour s’offrir une situation de quasi monopole ? Ce dont l’Europe et la France souffrent c’est d’un manque de concurrence, d’un manque de libéralisme. Alors l’Europe à laquelle je crois doit être sociale « à la base » car son but est bien l’amélioration du bien être pour le plus grand nombre et vraiment libérale « au dessus », car le libéralisme (qui n’a pas besoin d’être « ultra ») est un moteur de création de richesses efficace. Il me semble qu’il faudrait réfléchir à un nouveau contrat sociale et écologique à la fois solide et durable inscrit dans la loi (le TCE 2.0 ?). Une fois que notre avenir (en tant que communauté humaine) sera assuré il sera temps de laisser s’exprimer les forces (créatives) du marché. Alors lorsqu’on me demande de choisir entre fromage « ou » désert, j’ai du mal à résister : pour moi c’est fromage « et » dessert.
PS : comme je sors de table, je me permets de vous souhaiter une bonne année
Laurent Bervas est entrepreneur
1) par abus de langage (et un peu par provocation) j’ai préféré le terme « social » à « humaniste ». Mais je pense qu’avoir comme but de proposer aux habitant de notre pays d’avoir une vie descente ne fait pas de mois un communiste ou un illuminé mais simplement quelqu’un de sensé.
2) les PME et les salariés des grands groupe.
Et bien c’est pas gagné …
Signé Jérôme Triaud publié sur Mediapart
Le 7 juin, ce que je souhaite c’est qu’une Europe libérale se dessine dans tous les pays d’Europe conviés aux élections. Rien d’autre qu’une Europe libérale pour garantir nos droits naturels inaliénables, pour faire obstacle à la mainmise de l’Etat sur nos vies, pour libérer les énergies diverses qui sont enserrées dans nos sociétés, pour laisser libre cours à la création sans laquelle il ne peut y avoir de société heureuse.
Pour une Europe libérale, et non pas sa caricature dessinée par ses adversaires conservateurs et socialistes, unis main dans la main pour faire de l’Etat, non l’instrument de la protection de tous les citoyens, mais bien une machine destinée à les asservir.
Pour une Europe libérale, et non pas sa caricature dessinée par les syndicats établis, qui ne veulent pas voir que la libre-concurrence n’est pas synonyme de jungle.
Pour une Europe libérale, enfin, car c’est toute l’histoire de la construction européenne : le libre consentement à s’associer.