La prochaine élection des députés au Parlement de l’Union Européenne est l’occasion de tenter de faire le point de l’approche libérale à l’égard de l’UE. Les opinions sont variables et les libéraux, lors du référendum sur le « Traité établissant une constitution pour l’Europe », ont voté aussi bien oui que non.


Essayons toutefois de dégager quelques idées qui semblent largement répandues parmi nous, en nous plaçant dans la réalité actuelle des traités tels qu’ils existent ou existeront, la cas échéant, pour le dernier en cours de ratification. Un député libéral défendrait sans doute les positions suivantes :

 

Promouvoir le principe de subsidiarité
Ce principe maintes fois affiché, mais mal appliqué, devrait être un aiguillon permanent à la disposition d’un député européen pour veiller à ce que le maximum de décisions se prennent au niveau le plus bas possible, à commencer par l’individu.

Achever le marché intérieur
Le marché unique est en panne. Il est urgent de le compléter dans deux domaines essentiels qui sont à ce jour restés en dehors des principes affichés de liberté des marchés :

• Le domaine des services. Il faut reprendre la directive services et promouvoir la liberté de circulation des services au sein de l’UE au même titre que les marchandises ;
• La politique agricole commune (PAC) doit être abandonnée au profit d’un marché agricole libre fonctionnant sans subventions ni droits de douane.

Défendre la liberté des échanges dans le monde
Un député libéral se battra pour éviter toute tentation protectionniste et pour mener à son terme les négociations de l’OMC destinées à réduire les entraves au commerce mondial.

Favoriser la concurrence fiscale et sociale
L’harmonisation fiscale et sociale est réclamée par les Etats particulièrement engagés dans la redistribution forcée de la richesse afin de réduire la concurrence interne au marché unique. Les libéraux s’opposent évidemment à cette vision et réclament au contraire une large concurrence permettant aux bonnes pratiques de s’imposer.

Faire respecter la discipline budgétaire
Il est scandaleux que certains gouvernements ne respectent pas les engagements pris en matière de déficits budgétaire et d’endettement. C’est particulièrement choquant pour les pays ayant adopté l’euro et qui doivent donc respecter certains  critères de gestion de leurs finances pour assurer un minimum d’homogénéité dans la zone monétaire commune.

La plupart des libéraux se retrouvent sans doute dans ces axes. L’exercice est plus difficile si l’on essaie de dégager une vision libérale à long terme de l’Union Européenne. Comment devrait-elle évoluer à l’avenir pour que les nations européennes soient à même de faire face aux défis auxquels elle sont confrontées (vieillissement démographique, confusion des valeurs qui sous-tendent notre civilisation, immigration, menace du totalitarisme islamiste, résurgence du socialisme, faillites des enseignements publics et des systèmes de sécurité sociale, etc…). L’UE doit-elle se doter d’une politique étrangère unique afin de pouvoir agir d’une seule voix  plutôt qu’en ordre dispersé ? Doit-elle mettre en commun sa défense ? Selon quels critères doit-elle s’élargir ? Comment doivent évoluer ses institutions ? Faut-il s’en tenir aux instituions actuelles à bout de souffle ou promouvoir une structure fédérale ? N’est-ce pas le meilleur moyen de fonder l’UE sur une constitution qui défendrait les droits fondamentaux et s’organiserait autour d’une véritable subsidiarité ? Ou faut-il au contraire tout détricoter ?
Sur tous ces point et quelques autres, les opinions divergent, chez les libéraux comme dans les autres familles politiques.